Conférence de Baroja 2025-2026

Les conférences ont lieu à 20h30 aux Ecuries de Baroja (Anglet). Elles sont ouvertes à tout le monde, gratuites et libres d'accès.
Toutefois, il faut réserver sa place ici :

https://www.anglet.fr/sorties/agendas/detail-dun-agenda/actualites/quelle-est-lethique-des-temps-presents/


MARDI 4 NOVEMBRE


Philippe Caumières, professeur agrégé de philosophie, auteur de Castoriadis. Le projet d’autonomie, éditions Michalon, 2007.


Le sens de la démocratie

Il pourra paraître quelque peu surprenant, pour ne pas dire naïf, de prétendre envisager le sens de la démocratie : n’est-elle pas, comme le rappelle souvent Cornelius Castoriadis, ce que son nom indique, à savoir le pouvoir du peuple ? Pour paraître limpide, une telle approche bute toutefois sur l’épineuse question de savoir ce qu’il en est au juste du peuple. Comment définir le pouvoir politique d’une entité non spécifiée ? Ce qui s’affirme par là n’est-ce pas, de fait, le pouvoir de quelques-uns ? Penser la démocratie comme le fait Castoriadis, ce serait donc dénier une division sociale comme le dénonce sévèrement Claude Lefort en raison du risque de domination totalitaire que cela fait courir. Aussi propose-t-il, non de définir la démocratie, mais de la désigner comme un type de société où nul ne saurait s’approprier le pouvoir.

Derrière ces approches de la démocratie, il faut donc relever une option quant à la nature du pouvoir. Si Lefort considère celui-ci comme relevant d’une dynamique inquiétante qui le porte à s’affirmer toujours davantage, Castoriadis le pense plutôt comme ce qui permet l’action collective. Une telle divergence s’explique sans doute du fait la démocratie n’est pas envisagée selon une même perspective : Lefort s’intéresse à l’histoire politique récente, percevant la démocratie comme l’Autre de la monarchie aussi bien que du totalitarisme ; Castoriadis, lui, fait retour sur l’expérience Grecque ancienne, à Athènes au Ve siècle. Nous tâcherons de manifester qu’elle permet surtout d’éclairer les tendances à l’œuvre dans les sociétés occidentales modernes.



MARDI 2 DÉCEMBRE


Frédéric Schiffter, philosophe, romancier. Dernier titre paru : Carnets d’un honnête homme, éditions Le Condottiere, 2025.


Écrire la philosophie

Comment écrire en philosophe ? En choisissant l'essai ? Le traité ? Le système ? Que gagne ou que perd une pensée quand elle opte pour l'une de ces expressions ? 

Où se trouve le plaisir du texte pour le lecteur ?



MARDI 6 JANVIER


Anne-Sophie Moreau, philosophe. Dernier ouvrage paru : Fermentations, éditions du Seuil.


S'inspirer du vivant pour faire société ?


Notre vision de la société influence notre vision de la nature, et inversement. Avec les découvertes récentes sur le microvivant - les bactéries, les champignons... -, nous sommes amenés à repenser complètement notre rapport à la santé, à l'écologie, mais aussi à réinventer nos rapports sociaux. En quoi pouvons-nous nous inspirer du vivant pour être plus résilients ? Sauverons-nous l'humanité en soignant le microbiote des sols ? Allons-nous vers un monde plus égalitaire, plus coopératif, ou au contraire vers un monde plus fermé, plus hostile à l'altérité ? L'idéal de la croissance fera-t-il place à celui d'une économie régénérative ? Anne-Sophie Moreau tentera de répondre à ces questions et d'esquisser, en partant des réflexions de son dernier livre, ce que pourrait être une "société de la fermentation".




MARDI 3 FÉVRIER


Alexandre Lacroix, philosophe. Rédacteur en chef de Philosophie Magazine. Dernier ouvrage paru : Devenir écrivain, Allary éditions .


Comment on écrit ?

Dans les coulisses de l'écriture et de la publication


Auteur de vingt-cinq romans et essais, d'albums pour la jeunesse, Alexandre Lacroix a récemment publié un roman autobiographique, "Devenir écrivain", dans lequel il raconte toutes les étapes par lesquelles il est passé de ses premiers brouillons à la publication de son premier roman.

Lors de cette rencontre exceptionnelle, il lèvera le voile sur son processus créatif en montrant des pages de son manuscrit initial et en les confrontant à la version définitive.

Comment un texte se construit-il ? Quelles transformations opère le travail d'écriture et de réécriture ?

Une invitation à entrer dans les coulisses ou la cuisine de la création littéraire.



MARDI 3 MARS


Olivier Mannoni, traducteur littéraire d'allemand, a publié deux livres sur cette question: Traduire Hitler et Coulée brune: comment le fascisme inonde notre langue (2022 et 2024, éditions Héloïse d'Ormesson) Son prochain ouvrage, Retour aux souches. Anatomoe d'une bouffonnerie politique paraîtra au mois de mars 2026"


Coulée brune. Quand la langue du fascisme s'insinue partout

 

Depuis des années, le langage politique se dégrade, non seulement en France, mais partout dans le monde. De manière insidieuse, un langage qui remonte aux années 1930 s'infiltre dans notre langue et bloque peu à peu le débat normal dans une démocratie. D'où vient ce phénomène, et comment s'exprime-t-il ?



MARDI 7 AVRIL


Christophe Lamoure, professeur de philosophie


Quelle est l’éthique des temps présents ?


Comment la considération de l’intérêt a-t-elle éclipsé toute autre considération ? Et pourquoi jugeons-nous que seul l’intérêt est capable de mobiliser les individus et de les engager à agir ? Enquête sur une idée dominante.



MARDI 5 MAI


Agnès Cugno, professeur de philosophie (CPGE Lycée Cassin Bayonne).

 

Faut-il désespérer de la culture ?

 

«  Nous autres, civilisations, savons désormais que nous sommes mortelles », écrivait Paul Valéry après le désastre de la première Guerre Mondiale. Pourquoi la culture ne nous protège-t-elle pas de la barbarie, que l’on voit renaître inlassablement, malgré la sophistication de nos systèmes de pensée et le raffinement des arts ? Que même la patrie de Goethe et de Bach se soit abîmée à ce point dans la négation de l’humain est-il un signe définitif d’une « défaite de la pensée », ou avons-nous encore des raisons de croire que la culture est le seul rempart contre la déshumanisation de l’homme ? A l’heure de l'intelligence artificielle et des drones tueurs, faut-il désespérer de la culture ?



MARDI 2 JUIN


Anne Alombert, philosophe, agrégée de philosophie, enseignante-chercheuse en philosophie contemporaine à l'Université Paris 8 et membre du Conseil National du Numérique.

Schizophrénie numérique ( éditions Allia, 2023) et De la bêtise artificielle (éditions Allia, 2025).


Pharmacologie de l’intelligence artificielle : comment les automates numériques transforment-ils nos esprits et nos sociétés ?


Comment le développement fulgurant de l’intelligence artificielle transforme-t-il nos capacités de réfléchir, de penser et de faire société ?

Pour répondre à cette question, nous reviendrons sur l'histoire de l'écriture alphabétique et de l'automatisation industrielle, afin de saisir les enjeux de l'écriture informatique et de l'automatisation numérique. Dans le contexte des « intelligences artificielles génératives », que certains transhumanistes décrivent aujourd’hui comme des « esprits numériques », il convient, à l’inverse, de se demander comment les technologies numériques affectent nos capacités psychiques (mémoire, attention, réflexion) et nos relations collectives, en particulier quand les entreprises numériques dominantes fondent leur modèle d’affaire sur « l’économie de l’attention » ou quand les grands modèles de langages semblent s'exprimer à notre place.

Quels sont les risques de cette captation des attentions et de cette automatisation du langage pour nos capacités mentales et pour nos relations sociales ?  Quels sont les leviers pour faire face à ces nouveaux enjeux à la fois technologiques et anthropologiques ? Comment concevoir et promouvoir des dispositifs numériques alternatifs au service de nouvelles formes attentionnelles et de nouvelles organisations sociales ? Bref, comment mettre les automates computationnels au service de l’intelligence collective ?



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Vive la liberté d'expression et de débat !

  J'appelle votre attention sur un risque liberticide au sein même de notre société démocratique. Le projet de loi Yadan est une atteint...